La Vouivre

Фольклор и легенды
Средний
Dans les campagnes de Franche-Comté et du Jura, les anciens parlent encore de la Vouivre avec une voix prudente et respectueuse. La Vouivre est un immense serpent ailé, un dragon femelle aux écailles brillantes qui sillonne les nuits d’été au-dessus des étangs et des marécages. On la reconnaît facilement à la lueur rouge qui brille sur son front : un rubis, une pierre précieuse d’une beauté extraordinaire, qui éclaire les ténèbres comme une torche.La Vouivre est immortelle tant qu'elle porte son rubis. Cette pierre est la source de sa vie et de son pouvoir. C’est pourquoi elle ne la pose jamais, sauf lors de ses bains. Chaque nuit, elle descend vers les étangs de la plaine pour se baigner dans leurs eaux froides. À cet instant seulement, elle retire le rubis et le pose sur un rocher ou sur la berge.Nombreux sont ceux qui ont essayé de voler la pierre. La légende dit qu'un homme courageux et rapide pourrait s’en saisir et devenir riche au-delà de ses rêves. Mais la tâche est presque impossible. La Vouivre, même sans son rubis, reste une créature terrifiante. Et ses alliés veillent : les couleuvres, les grenouilles et les insectes de la nuit lui obéissent. Au moindre bruit suspect, ils donnent l’alarme.Les récits de tentatives malheureuses sont nombreux dans la tradition franc-comtoise. Un paysan avare s’est avancé un soir vers l’étang. Il a cru tenir la pierre dans sa main. Mais la Vouivre est revenue si vite qu'il n’a pas eu le temps de fuir. On a retrouvé ses vêtements déchirés sur la berge. De lui, on n’a jamais rien retrouvé d’autre.L’écrivain français Marcel Aymé, natif de Franche-Comté, a rendu la Vouivre célèbre dans un roman publié en 1943. Dans cette version, la créature prend l’apparence d’une belle femme aux cheveux roux lorsqu'elle se baigne. Elle se lie d’amitié avec un jeune paysan nommé Arsène, le seul à ne pas chercher à lui voler son rubis. Cette histoire touchante explore la frontière fragile entre le monde des hommes et celui des créatures magiques.Aujourd’hui encore, dans les villages du Jura, les vieux racontent qu'on peut voir la Vouivre par les nuits claires : une lueur rouge qui se déplace lentement au-dessus des champs inondés. Si vous apercevez cette lumière et que vous êtes sage, contentez-vous de la regarder passer. La Vouivre ne fait de mal qu'à ceux qui cherchent à lui prendre ce qui lui appartient.

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