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Les 6 cas en russe expliqués simplement

26 mai 2026
11 min de lecture

Mis à jour le

Le russe a six cas : nominatif, génitif, datif, accusatif, instrumental et prépositionnel. Un cas, c’est la forme que prend un nom, un adjectif ou un pronom pour indiquer son rôle dans la phrase. Chaque cas répond à une question :

  1. Nominatif — qui ? quoi ? (le sujet, qui fait l’action)
  2. Génitif — de qui ? de quoi ? (possession, absence, quantité)
  3. Datif — à qui ? à quoi ? (le destinataire)
  4. Accusatif — qui ? quoi ? (le complément d’objet direct)
  5. Instrumental — avec qui ? avec quoi ? (l’outil, l’accompagnement, le moyen)
  6. Prépositionnel — à propos de qui ? où ? (le lieu, le sujet dont on parle)

Ce guide donne la vue d’ensemble : à quoi sert chaque cas, comment le reconnaître, les erreurs typiques des francophones et la suite du parcours. Les terminaisons et les exercices de chaque cas sont dans les leçons dédiées, signalées au fil du texte.


❓ Ce qu’est un cas (et pourquoi le russe en a six)

Une langue à cas encode le rôle d’un mot dans sa forme, et pas seulement dans sa position. Le français fait surtout l’inverse : il garde le nom identique et utilise l’ordre des mots et les prépositions pour préciser le rôle.

Comparez :

  • Français : « Anna donne un livre à Marie. » → l’ordre + la préposition « à » disent qui est sujet et qui est destinataire.
  • Russe : « Анна даёт книгу Марии. » → c’est la terminaison de chaque mot qui le dit. Анна est au nominatif (sujet), книгу à l’accusatif (COD), Марии au datif (destinataire).

Le français a pourtant gardé une trace de ce système dans ses pronoms : il lit, je le vois, je lui parle. Même personne, trois formes, choisies selon le rôle : sujet, COD, COI. C’est presque le trio nominatif, accusatif, datif. Le russe fait la même chose avec presque tous les noms, adjectifs et pronoms. Gardez-le comme repère, pas comme équivalence : après une préposition, « lui » change de cas en russe (с ним, « avec lui », est à l’instrumental ; для него, « pour lui », au génitif).

Résultat : en russe, l’ordre des mots est beaucoup plus libre. Марии Анна даёт книгу reste compréhensible (même si l’emphase change).

Alors, combien de cas en russe ? Les manuels et les grammaires pour apprenants en enseignent six, et c’est le système dont vous avez besoin. Certaines descriptions linguistiques mettent à part quelques formes résiduelles ou emplois particuliers : vous les rencontrerez plus tard, mot par mot, pas comme des cas supplémentaires à apprendre.


📐 Les 6 cas, un par un

1. Le nominatif — qui ? quoi ?

C’est le cas du sujet de la phrase. Celui qui fait l’action. C’est aussi la forme sous laquelle le mot apparaît dans le dictionnaire — la forme « par défaut ».

  • Дом большой. → La maison est grande.
  • Мама работает. → Maman travaille.
  • Кот спит. → Le chat dort.

Si vous pouvez remplacer le mot par « il / elle / cela » en position de sujet, vous êtes au nominatif.

2. Le génitif — de qui ? de quoi ?

L’un des cas les plus fréquents du russe. Il sert à 3 grandes choses :

  • La possession : книга брата (le livre du frère)
  • L’absence ou la négation : У меня нет времени (je n’ai pas de temps)
  • La quantité : стакан воды (un verre d’eau)

Le « de » français est souvent un bon premier indice… mais un indice seulement : le français met « de » dans beaucoup de constructions, et le russe ne le suit pas toujours. Le piège le plus courant est dans les erreurs typiques, plus bas.

Terminaisons et exercices : Le génitif : possession et absence.

3. Le datif — à qui ? à quoi ?

Le cas du destinataire. Celui à qui on donne, on écrit, on parle.

  • Я звоню маме. → Je téléphone à maman.
  • Подарок другу. → Un cadeau pour l’ami.
  • Помоги брату. → Aide ton frère.

Ici, le français vous aide souvent : « téléphoner à quelqu’un » donne bien un datif. Mais pas toujours : on aide quelqu’un (COD), alors que le russe dit помогать брату, au datif.

Le datif s’utilise aussi pour exprimer l’âge (мне 30 лет = « j’ai 30 ans », littéralement « à moi, 30 ans ») et ce qu’on ressent (мне холодно = « j’ai froid »).

Terminaisons et exercices : Le datif : à qui, aimer et l’âge.

4. L’accusatif — qui ? quoi ? (le COD)

Le cas du complément d’objet direct. Ce sur quoi l’action porte directement.

  • Я читаю книгу. → Je lis un livre.
  • Она любит кота. → Elle aime le chat.
  • Мы смотрим фильм. → Nous regardons un film.

Subtilité importante — l’animé : pour les noms masculins terminés par une consonne, -й ou -ь, l’accusatif singulier est identique au nominatif si le mot désigne une chose (фильм → фильм), mais identique au génitif s’il désigne une personne ou un animal (кот → кота). Le français n’a pas de règle équivalente.

Les noms en -а / -я, féminins ou masculins, ont une terminaison propre en -у / -ю, qu’ils désignent une chose ou un être vivant (книга → книгу, мама → маму, папа → папу).

Les noms neutres gardent au singulier la forme du nominatif (окно → окно). Au pluriel, l’animé compte pour tous les genres : c’est l’objet de la leçon le pluriel à tous les cas.

Terminaisons et exercices : L’accusatif : objet direct et direction.

5. L’instrumental — avec quoi ? avec qui ?

Le cas de l’outil, de l’accompagnement et du moyen.

  • Я пишу ручкой. → J’écris avec un stylo. (l’outil)
  • Я иду с другом. → Je marche avec un ami. (l’accompagnement)
  • Я еду поездом. → Je voyage en train. (le moyen)

Attention à « en voiture » : le russe dit d’habitude на машине, avec на + prépositionnel, et non l’instrumental.

L’instrumental sert aussi à dire ce qu’on est dans un emploi : Я работаю учителем (« Je travaille comme professeur »).

Terminaisons et exercices : L’instrumental : avec qui, avec quoi, le métier.

6. Le prépositionnel — où ? à propos de quoi ?

Comme son nom l’indique, il n’apparaît jamais seul : toujours après une préposition (в, на, о/об, при).

  • Я живу в Москве. → J’habite à Moscou. (où ?)
  • Книга на столе. → Le livre est sur la table. (où ?)
  • Мы говорим о работе. → Nous parlons du travail. (à propos de quoi ?)

C’est souvent le cas le plus facile à repérer, car la préposition signale d’avance qu’il arrive.

Terminaisons et exercices : Le prépositionnel : parler de quelque chose.


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📊 Tableau récapitulatif

Voici les six cas de deux mots typiques — дом (« maison », masculin) et книга (« livre », féminin) — au singulier, avec la question que les Russes eux-mêmes posent pour chaque cas :

CasQuestion russeдом (m)книга (f)
Nominatifкто? что?домкнига
Génitifкого? чего?домакниги
Datifкому? чему?домукниге
Accusatifкого? что?домкнигу
Instrumentalкем? чем?домомкнигой
Prépositionnelо ком? о чём?(о) доме(о) книге

Remarquez que ces questions ne sont rien d’autre que кто (« qui ») et что (« quoi ») déclinés aux six cas. Une mise en garde : certaines questions sont partagées. что? vaut pour le nominatif et l’accusatif, кого? pour le génitif et l’accusatif. La question réduit les possibilités ; c’est le rôle du mot dans la phrase qui tranche.


🔍 Repérer les six cas dans un vrai texte

Voici le début de Дом на дереве (« La cabane dans l’arbre »), un texte court pour débutants :

Когда я была маленькой, я очень любила лазить по деревьям. На нашей улице росло много деревьев. Одно большое дерево росло прямо во дворе.

  • я, дерево : nominatif, ce sont les sujets.
  • деревьев : génitif (pluriel), après много (« beaucoup de »).
  • по деревьям : datif (pluriel), après la préposition по : grimper dans les arbres.
  • на нашей улице, во дворе : prépositionnel, le lieu.
  • маленькой : instrumental, après была (« quand j’étais petite »). Avec быть au passé, une description se met souvent à l’instrumental.

L’accusatif arrive deux paragraphes plus loin : Однажды мы решили построить домик на дереве. Домик (« une cabane ») est le COD et, comme tout nom masculin terminé par une consonne qui désigne une chose, il a la même forme qu’au nominatif.

Pas besoin de savoir produire ces formes du pluriel pour l’instant. L’important est de voir que chaque mot répond à une question. Dans le texte, cliquez sur n’importe quel mot pour voir sa traduction, sa forme grammaticale et, pour la plupart des noms, son paradigme complet.


💡 3 astuces pour ne plus les confondre

Astuce n°1 — Apprendre par la question, pas par la terminaison

Apprendre les terminaisons en listes, sans phrase autour, est un piège courant : les formes se mélangent vite.

À la place : pour chaque phrase russe que vous lisez, demandez-vous « à quelle question ce mot répond-il ? ». Si c’est « à qui ? », c’est le datif. Si c’est « de quoi ? », c’est probablement le génitif. Les terminaisons viennent ensuite, dans les leçons, et elles se retiennent bien mieux quand on sait à quoi sert chaque cas.

Astuce n°2 — Mémoriser les cas par prépositions

Beaucoup de prépositions russes imposent toujours le même cas. Une fois qu’on les connaît, on a la moitié du travail fait :

  • в / на + prépositionnel → localisation (в Москве, на столе)
  • в / на + accusatif → direction (в Москву, на работу)
  • с + instrumental → avec (с другом)
  • от / из / у / без + génitif → origine, possession, absence (из Москвы, у брата, без воды)
  • к + datif → vers (к маме)
  • о / об + prépositionnel → à propos de (о работе)

Astuce n°3 — Lire du russe réel le plus tôt possible

Aucune table de déclinaison ne remplace la fréquence d’exposition. Lisez des phrases simples, des dialogues, des paroles de chansons : chaque cas se grave en mémoire par répétition contextuelle, pas par récitation, exactement comme dans l’extrait ci-dessus.


⚠️ 3 erreurs typiques des francophones avec les cas russes

1. Traduire chaque « avec » par с

❌ Я пишу с ручкой. ✅ Я пишу ручкой. Pour l’outil avec lequel on fait quelque chose, le russe met l’instrumental seul, sans préposition. с veut dire « en compagnie de » : с другом.

2. Mettre un génitif derrière chaque « de »

❌ Я доволен работы. ✅ Я доволен работой. Le français dit « content de », mais après доволен le russe emploie l’instrumental.

3. Garder le COD du français

❌ Я помогаю брата. ✅ Я помогаю брату. En français, on aide quelqu’un : c’est un COD. En russe, помогать se construit avec le datif. Le réflexe « COD français = accusatif russe » marche souvent, mais pas avec ce genre de verbe.

Petit test : quel cas ?

Aucune terminaison à trouver : indiquez seulement le cas du mot entre guillemets.

🚀 Prochaine étape : passer à la pratique

Vous savez maintenant à quoi servent les 6 cas, quelle question chacun pose, et les terminaisons de base pour les deux genres principaux. C’est largement assez pour comprendre vos premières phrases russes en contexte.

Ce qu’il vous reste à faire :

  1. Repérer les cas dans de vrais textes : en cliquant sur un mot dans un texte Linguami, vous voyez sa forme et son paradigme complet (singulier + pluriel).
  2. Lire des phrases courtes et identifier le cas de chaque mot à voix haute (« книгу — accusatif, c’est le COD »).

Le nominatif est la forme du dictionnaire et n’a pas de leçon à lui. Chacun des cinq autres cas a sa leçon, avec ses terminaisons, un dialogue et des exercices :

  1. Le prépositionnel : parler de quelque chose (A1)
  2. L’accusatif : objet direct et direction (A1)
  3. Le génitif : possession et absence (A1)
  4. Le datif : à qui, aimer et l’âge (A1)
  5. L’instrumental : avec qui, avec quoi, le métier (A1)
  6. Puis, au niveau A2, le pluriel à tous les cas et l’adjectif décliné aux cas obliques.

Leçon complète · A1

Le prépositionnel : parler de quelque chose

La règle complète, d’autres exemples et des exercices pour pratiquer.

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